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Jours 88-90: Ceux qui brrrrrrr brrrrrr

El Chalten, Patagonie argentine.

Jour 88: lundi 28 janvier 2019

Réveil vers 7h30… Le bus pour El Chalten ne part qu’en début d’après-midi, mais on se lève suffisamment tôt pour ne pas devoir se dépêcher pour faire nos sacs et déjeuner, afin de faire le check-out à 10h.

On laisse nos sacs à l’auberge : pendant que Chris reste là pour les surveiller en avançant sur les montages vidéos, Muriel et moi partons en ville retirer des sous et faire les courses. Marina nous a dit qu’il valait vraiment mieux faire les courses ici afin d’éviter au maximum les supermarchés d’El Chalten, car les prix y sont 2 à 3 fois plus élevés que dans le reste de la Patagonie, qui est déjà bien assez chère !

Le sac plein, on est de retour à l’auberge à 12h30. On doit se dépêcher pour tout préparer, manger et nettoyer afin d’être à l’heure au terminal pour notre bus vers El Chalten ! C’était moins une… On passe un moment à mettre les comptes à jour, puis Chris s’endort pour le restant du trajet, tandis que je lis et Muriel écoute de la musique… Le trajet passe vite ; il n’y a que 3 heures entre les 2 localités ! On n’est plus habitués à des trajets si courts. 😉

Arrivée sous la pluie et le vent à 16h30 au terminal de bus d’El Chalten ! On se dirige vers la première auberge que l’on aperçoit, la Comarca.

– Bonjour, on voudrait savoir s’il est possible de camper dans le jardin, car on n’a aucune réservation…
– Camper ? (La gérante nous regarde avec des yeux ronds) Vous êtes sûrs d’avoir une bonne tente ??

Apparemment ici le vent est vraiment traumatisant, encore plus que dans le reste de la Patagonie… 🙁 La très bonne nouvelle, c’est qu’on a une chance incroyable, car il lui reste quelques lits de libres pour 2-3 nuits, et le prix est largement acceptable par rapport à la moyenne du village ! 🙂 Elle nous montre la chambre, un dortoir de 8 tout à fait correct. Le prix de la nuitée dans cette chambre est un peu plus bas que dans le reste de l’auberge, car il n’y a pas de rideaux aux fenêtres, et la peinture vient d’être refaite dans le couloir. Elle s’excuse, mais pour nous c’est plutôt une aubaine ! Notre décision est vite prise, et on réserve pour 2 nuits sous un vrai toit et avec un chauffage, yes !

Retour au pas de course vers le terminal pour réserver notre prochain bus vers Bariloche. C’est la guerre, tout est plein, les prix sont hauts, les places partent comme des petits pains et il faut prendre une décision rapidement… On en a un peu marre de cette haute saison oppressante, tout doit être prévu à l’avance sous peine de devoir débourser beaucoup plus que prévu pour des solutions de dernière minute ! On se réjouit d’être plus au nord pour que ça se calme un peu…

S’ensuit un grand débat prenant en compte les prix, les dates de disponibilité, la météo, la qualité du wifi (Muriel attend une réponse pour un entretien d’embauche téléphonique et le wifi à El Chalten est réputé pour être monstrueusement pourri, car l’endroit est tellement isolé que tout est fait via satellite, et le vent violent perturbe les réseaux !), le fait que l’on ne veut pas risquer de casser notre tente… On discute avec 2 Français que Muriel avait rencontrés à Ushuaïa : ils sont au camping municipal ces jours-ci, et nous informent que les tentes cassent les unes après les autres… Ce vent, c’est infernal !!!

Bref, au final on se décide pour écourter notre séjour à El Chalten, et prendre un bus pour Bariloche dans 2 jours. Billet acheté, ouf il y avait encore quelques places disponibles !

Il nous faut maintenant tenter de trouver un wifi correct, au cas où Muriel doit faire son entretien d’embauche alors que l’on est encore à El Chalten… On entre dans un hôtel de luxe, et le type de l’accueil admet volontiers ne pas avoir le wifi le plus puissant du village : il nous conseille l’auberge-restaurant Rancho Grande, quelques blocs plus loin ! On brave le vent et on va s’y asseoir un moment, boire un chocolat chaud et tester le réseau, qui s’avère effectivement pas mal. 🙂

Chris part ensuite voir si le seul cordonnier du village peut réparer la semelle de ses chaussures de marche, car elle a rendu l’âme hier en fin d’expédition sur le glacier. Avec Muriel, on reste au café pour l’attendre. Sauf qu’il ne revient pas… A 21h30, on décide de rentrer à l’auberge : Chris nous y attend, persuadés qu’on avait convenus de s’y retrouver ! Heureusement qu’on était au chaud 🙂

On prépare le souper, puis on ne tarde pas à aller dormir, car on a les pieds congelés. Malgré les différents chauffages de l’auberge, il y a des courants d’air frigorifiques… Sous les couvertures, on entend le vent hurler au dehors et faire trembler la fenêtre de la chambre. Sans le dire à voix haute, on a tous la même pensée : Mon dieu, si on avait dû camper… On se serait probablement réveillés dans une tente en lambeaux, pris dans un bloc de glace et congelés pour l’éternité !

Jour 89: mardi 29 janvier 2019

Réveil les pieds et les mains un peu froids, le duvet remonté jusqu’à la moitié du visage, mais on a bien dormi quand même !

On descend préparer notre petit-déjeuner (retour de l’avoine aux pruneaux, car on avait prévu de peut-être devoir cuisiner sur notre réchaud…) La salle commune est bien remplie ce matin, car la météo n’est pas vraiment bonne, et à El Chalten, y’a pas vraiment d’autres activités que partir en trek ! 😉

On discute un bon moment avec Naïna, un Français du pays basque, originaire du Maroc. Le pauvre, il a la cheville et l’épaule en vrac, et une blessure sur le front : il est tombé hier en randonnée… à cause du vent ! Une rafale trop forte l’a déséquilibré, et une 2ème rafale dans l’autre sens a créé un tourbillon qui l’a projeté sur les cailloux du chemin… C’est tellement dingue le vent en Patagonie !!!

On passe la matinée à l’auberge, car la météo ne s’améliore pas vraiment… Chris repasse chez le cordonnier déposer ses chaussures (hier, la boutique avait déjà fermé), et Muriel part en urgence au Rancho Grande car elle pourrait bien avoir son entretien ce matin. Quant à moi, j’avance sur le blog… Avec les wifis pourris et le manque de temps à disposition dû à la haute saison qui nous pousse à tout le temps être sur des starting blocks pour les réservations, on a bientôt 2 semaines de retard ! 🙁

On dîne vers 13h, puis on décide de braver le vent et de sortir quand même, histoire de se dégourdir les jambes et de prendre l’air. Il y a une balade tranquille de 2 heures aller-retour vers une cascade en dehors du village… On se pare de nos plus beaux habits d’été (bonnet, écharpe, veste, gants, polaire) et départ !

Le chemin en soi n’est pas hyper spectaculaire, mais la cascade est très jolie ! On se pose un moment sur les cailloux pour l’admirer jusqu’à avoir les fesses congelées 🙂

Sur le chemin du retour, on retrouve par hasard Alice, la Française qui a partagé notre dortoir à El Calafate. Pas besoin de se fixer un rendez-vous en Patagonie : tout le monde suit la même route, soit vers le nord, soit vers le sud ! 😉 On discute jusqu’au retour vers le village… Elle rentre à son auberge, tandis que nous nous arrêtons à nouveau au Rancho Grande pour une part de tarte et un café, histoire de nous réchauffer, et pour vérifier quelques trucs sur la suite du voyage.

On rentre à l’auberge vers 19h30 pour une douche chaude et un bon plat de pâtes… On prend des forces pour entamer le trek des Fitz Roy demain ! 🙂

Jour 90: mercredi 30 janvier 2019

Waouh, il fait grand beau ce matin ! On s’habille dans le froid de la chambre (on était tellement bien sous le duvet !)… Petit-déj’, vaisselle, brossage de dents, fermeture des sacs et dépôts en consigne auprès de la réception de l’auberge. Même si on reste encore la journée dans les parages, on doit faire le check-out à l’auberge car ce soir, on prend le bus direction Bariloche !

On doit d’abord passer chez le cordonnier récupérer les chaussures de Chris. Il a fait du super beau boulot, la semelle est recollée, recousue, les chaussures sont comme neuves ! 🙂 Avec tout ça, il est 10h30 lorsqu’on entame le Sendero Fitz Roy.

 

Les 2 premiers kilomètres montent dans la forêt, il fait vite chaud ! Bizarrement, c’est la balade où on aura le moins de vent de toute la Patagonie… Sauf lors des points de vue dégagés bien sûr ! Après la montée de départ, le chemin serpente en montée tranquille le long de la montagne, et on a une superbe vue sur le fleuve de Las Vueltas…

La suite de la balade se fait quasiment à plat, jusqu’au kilomètre 9. Le paysage est vraiment magnifique ! On est spoilés, y’a un point de vue sur la chaîne des Fitz Roy vers le 3ème kilomètre ! Le clou du spectacle avant l’heure… Certains des pics sont encore dans les nuages ; on croise les doigts pour qu’ils s’en aillent d’ici à ce qu’on arrive au mirador principal à la base des tours…

On passe sur des ponts faits de rondins de bois et de troncs d’arbre sur les affluents du fleuve de Las Vueltas, et on s’arrête pour pique-niquer juste avant le campement Poincenot, d’où commence la grosse montée vers le mirador principal.

Le plein d’énergie effectué, on s’attaque à cette montée impressionnante ! 400 mètres de dénivelé positif en 1 km seulement, ça fait de la sacrée pente ! En plus, on est quasiment en train de monter dans un pierrier… Et pour le coup, c’est vraiment l’autoroute ! Comme je suis assez lente en montée, je perds autant de temps à laisser passer des gens de derrière pour ne pas créer de bouchon, que des gens qui descendent via le même chemin…

Sur le dernier bout, on a carrément les pieds dans un filet d’eau, comme si on remontait le cours d’un mini-ruisseau qui coule entre les pierres. L’eau de la fonte des glaces probablement, car effectivement, il y a encore une couverture de neige par endroits !

Au final, on aura mis 3 heures pour les 9 premiers kilomètres (pauses photos et biscuits comprises 😉 ), et… 1 heure et quart pour le dernier kilomètre en montée. Ce fut rude et pénible à cause de la foule, mais arrivés en haut, on l’oublie complètement devant l’incroyable panorama qui se dresse devant nous… Une véritable carte postale !!!

La chaîne des Fitz Roy devant une lagune d’un bleu profond, des énormes glaciers, et le Cerro Torre, un autre pic sur la gauche de la chaîne. C’est tout simplement grandiose, quel spectacle naturel !!! Le Fitz Roy, le pic principal, demeure néanmoins dans les nuages qui lui collent à la peau… Mais on peut voir tous les autres pics, parfois à quelques minutes d’intervalle selon le mouvement des nuages !

On est arrivés en haut à 15h, et on y reste jusqu’à 16h30, tellement on est hypnotisés par la magie de l’endroit. Outre le Fitz Roy, il y a d’autres points de vue : on se déplace sur la colline en face pour observer une 2ème lagune, la Laguna Sucia (“lagune sale”, mais ceux qui l’ont nommée devait être des petits plaisantins : jamais vu un bleu d’une telle pureté !), et la cascade qui se jette de la première à la deuxième lagune en contrebas… Waouh, waouh et re-waouh. 🙂

Jusqu’au bout, on y croit et on espère un dégagement total des nuages, mais il faut se rendre à l’évidence : on ne verra pas le sommet du Fitz Roy… Tant pis ! On reviendra ! 😉

On reprend le chemin du retour, dans l’autoroute du pierrier : il y a tellement de gens qui descendent que ça crée un mouvement en accordéon et des véritables bouchons ! La balade est victime de son succès, c’est le revers de la médaille d’un tel panorama… On met 1 heure pour arriver en bas, au km n°9 de la rando.

Juste après le campement Poincenot, on se retourne une dernière fois pour voir le Fitz Roy range… Miracle ! 5 secondes de dégagement quasi total : on a vu l’entier de la silhouette de la montagne la plus mythique de Patagonie !!! 🙂

Sur le chemin du retour, on fait la petite variante qui longe la Laguna Capri et le camping du même nom… L’endroit est très beau, mais j’avoue qu’on n’a plus qu’en tête l’idée d’arriver et de reposer nos pieds ! On a déjà les pieds et les genoux en compote, n’ayant pas de bâtons de trek, très utiles dans des descentes comme celle qu’on vient de faire. On est un peu en mode automatique…

A 19h30, nous voilà affalés sur la table du Rancho Grande, notre repaire du village. L’auberge fait aussi resto, et comme une nuit de bus nous attend, on voulait se faire plaisir ce soir : repas sans devoir cuisiner, ni faire la vaisselle ! C’est un peu une déception cependant : ma sauce bolo est sucrée, et les burgers de Mumu et Chris ont tout de l’étouffe-chrétien… Pas une si bonne adresse pour manger, même si le cadre et le café y sont très bons !

On presse un peu le pas pour retraverser le village. Passage rapide à l’auberge pour se changer et récupérer nos sacs ; le terminal de bus est juste de l’autre côté de la route. Notre bus arrive 15 minutes plus tard, mais il est archi-plein, et le temps que tous les bagages en soute soient chargés, il est 22h15 lorsqu’on quitte El Chalten. Sièges en position inclinée au maximum, on se prépare tant bien que mal pour 24 heures de bus (!!!) et on ne tarde pas à s’endormir, épuisés par cette longue journée de marche…

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