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Jours 333-337: Ceux qui voyagent au bout d’eux-mêmes – Acte II

Trek des Annapurnas, Népal – Acte II – L’acclimatation.

Jour 333: lundi 30 septembre 2019

ETAPE 6 : L'ETAPE OU LE REPOS EST LE BIENVENU
par Chris


Bhraka (3360m)

Cette nuit a été agitée pour moi à cause de quelques poussées de fièvre : j’ai dû me lever plusieurs fois pour aller faire pipi, quasiment à chaque heure. J’ai été pris de frissons, ma température augmentait au fur et à mesure que la nuit avançait… Au réveil, je me sens encore un peu patraque, mais malgré un léger mal de tête, ça reste supportable. Camille a bien dormi, elle.

Nous avons décidé de nous reposer aujourd’hui, ne rien faire si ce n’est rester à l’auberge et laver nos affaires. La journée est ensoleillée, et même si quelques nuages dissimulent toujours les sommets des montagnes autour, cela nous permettra de faire sécher les vêtements mouillés !

Aux environs de 7h30, nous croisons Greg & Virginie qui s’apprêtent à partir en direction de Ice Lake pour leur marche d’acclimatation. Nous la ferons demain… Camille se lance dans le lavage de nos habits puant la transpiration, avec l’eau gelée de la chambre. Nous consacrons la matinée à cette activité plus qu’impérative. 🙂 L’après-midi, nous restons posés au soleil à écrire sur le carnet de voyage tout en buvant une bonne tasse de thé chaud. 

Vers 14h, alors que nous venons de terminer notre repas Greg et Virginie sont de retour et nous racontent leur journée. On a hâte de profiter des beaux panoramas d’altitude dont ils ont été témoins aujourd’hui. Ils ont été actifs, contrairement à nous, mais quel bien ça fait de se reposer !!! Entre les variations de température, les dénivelés importants, les heures de marche, les conditions météorologiques peu favorables, et tout ça dans des vêtements sales et humides, notre état physique et mental est mis à rude épreuve.

Petite sieste au chaud sous le duvet pour compléter cette journée de repos, et il est déjà 17h lorsqu’on rejoint toute l’équipe dans la salle commune chauffée au poêle. On passe une soirée très sympa à discuter voyage et rire de nos expériences avec Greg et Virginie, Jean-Baptise, que l’on a rencontré à Gyaru autour d’un apple pie, ainsi que Maël, Bobby et Alberto, respectivement Français, Italienne et Espagnol, qui trekkent avec Jean-Baptise.

Je me sens mieux et la fièvre est tombée, mais le mal de tête est toujours là. Une (bonne ?) nuit de récupération est nécessaire…

Jour 334: mardi 1er octobre 2019

ETAPE 7 : L'ETAPE OU L'ON A POUSSE L'ACCLIMATATION AU MAXIMUM
par Camille


Bhraka (3360m) - Ice Lake (4'630m) - Bhraka (3360m)
12 kilomètres ; 1270 mètres de dénivelé ; 7:15 heures de marche

En selle les amis (façon de parler) : c’est pas tout ça de se reposer, mais il faut aussi s’acclimater… Le but : monter le plus haut possible dans la journée, et revenir dormir à la même altitude que la nuit précédente ! Cela accélère l’adaptation du corps aux niveaux d’oxygène faibles, et il est conseillé de s’y adonner lorsqu’on arrive à une altitude d’environ 3’500 mètres. 

Je me suis réveillée pendant la nuit avec un gros mal de tête, qui heureusement est passé. Chris, quant à lui, a vraiment bien récupéré ; on est tous les deux encore un peu pris au niveau des bronches, mais pas trop mal en point pour tenter l’immense montée vers le Ice Lake, que Greg et Virginie ont grimpé hier. On leur dit d’ailleurs au revoir ce matin alors que l’on se dirige vers le resto pour le petit-déjeuner : décision prise, eux partent en direction du Tilicho Lake ! On leur souhaite bonne chance et on croise les doigts pour les retrouver plus haut, afin de pouvoir passer le col ensemble. Inutile de se donner un rendez-vous dans ce contexte : l’avancée doit dépendre de la forme physique et des conditions météo !

De notre côté, départ à 8h. Le ciel est déjà bien dégagé malgré quelques nuages résiduels sur les sommets… On a choisi une très belle journée pour faire cette randonnée d’acclimatation. C’est parti !

Le départ du trek est juste en face de notre auberge. On traverse le monastère, perché sur des crêtes impressionnantes, et on commence à monter. Ça monte toujours. Et encore. Eh ben, quelle grimpette… Heuuuu mais ce que ça côte dis donc !!! Une montée pareille est digne du Guiness Book des records pour son interminabilité… Quasiment 1’300 mètres de dénivelé positif en 6 kilomètres de route en zig-zag, autant dire que la pente est raide ! Le souffle nous rappelle vite que nous sommes proches des 4’000 mètres d’altitude, et j’adopte bientôt mon rythme de croisière, à savoir : juste assez rapide pour ne pas avoir l’impression de reculer. La grandeur du paysage se révèle au fur et à mesure que l’on monte… Qu’est-ce qu’on se sent petits face à ces géants enneigés ! Quelles masses, quelle grandeur, quelle beauté !!!!

Le soleil tape fort, mais une petite brise glaciale souffle sur certains pans de la falaise, ce qui ne rend pas facile les décisions quant à l’habillement : casquette, lunettes, écharpe, gants, crème solaire, veste, polaire… Il faut jongler. Ceci plus les nombreux arrêts photos rallongent encore plus cette montée déjà interminable !

On s’arrête sur la terrasse de la seule buvette d’alpage du trajet (ou est-ce qu’on dit “d’himalayage” dans ce cas-là ?), afin de reprendre des forces grâce à une barre chocolatée. Encore 2.5 kilomètres…

Enfin, l’arrivée tant attendue sur les hauts plateaux se fait sentir. On aperçoit le premier des 2 lacs, d’une belle couleur émeraude… Le troupeau de yaks rencontré plus bas est arrivé avant nous, et les bêtes ne tardent pas à faire trempette. Incroyables, ces animaux et leur énorme fourrure à dreadlocks, qui se baignent dans une eau devant frôler les 1 degré… La vision semble sortie d’un autre monde !!

On pousse encore quelques centaines de mètres plus loin jusqu’au deuxième lac, le “Ice Lake” à proprement parler. Il est logé au pied d’immenses falaises. Une pagode blanche et ses drapeaux de prière qui flottent au vent, un ciel d’un bleu éclatant, un panorama sans commune mesure sur les géants du massif des Annapurnas… On en a chié pour monter jusqu’ici, mais ce que l’on a sous les yeux en valait amplement la peine. Nous sommes à 4’630 mètres et un petit vent s’est levé : nous sommes transits par le froid et la beauté magique de l’endroit !!!

Peu avant 13h, nous entamons la descente. Une descente qui s’avère tout aussi difficile que la montée… Attention à la pose des pieds, aux cailloux qui roulent et au gravier qui glisse ! C’est dans ces cas-là que l’on bénit les bâtons de trek : je ne sais pas comment on aurait fait sans !! On refait une courte pause bien méritée à la petite buvette d’himalayage.

C’est long, long, long, et extrêmement fatiguant, tant sur le plan physique que mental. Mon pied droit commence à crier de douleur (ceux qui me connaissent sauront pourquoi), un léger mal de tête s’est installé à cause du dénivelé et du vent glacial, et le chemin est par endroits si raide que j’en ai le vertige. Nous sommes complètement à bout, vidés de notre énergie lorsqu’on atteint l’auberge après près de 3 heures de descente…

Affalés sur l’une des tables du resto de l’auberge, on boit un thé bien sucré pour se remettre de nos émotions. Chacun passe à la douche à tour de rôle – eh oui, dans cette auberge qui compte une bonne trentaine de chambres, il n’y a qu’une seule douche qui donne de l’eau chaude et à cette altitude, une douche froide n’est même pas envisageable. Autant puer. Heureusement, là, elle est bien chaude et c’est un véritable régal… 🙂

Le poêle est allumé lorsqu’on est de retour au restaurant. Ce soir au menu, c’est dal baht pour tous les deux : une portion de fer supplémentaire grâce aux lentilles, surtout quand on mange végétarien, ça ne se refuse pas ! Cela nous fait bizarre d’être seuls. Greg et Virginie doivent être en route pour le camp de base du Tilicho Lake ; quant à Jean-Baptise et Maël, croisés dans la montée vers l’Ice Lake, ils ont décidé d’aller dormir à Manang ce soir afin d’être d’attaque à s’engager dans la vallée du Tilicho demain…

19h30 : extinction des feux. 19h30 et 2 secondes : inutile de nous parler, nous dormons déjà d’un sommeil profond.

Jour 335: mercredi 2 octobre 2019

ETAPE 8 : L'ETAPE OU L'ACCLIMATATION CONTINUE
par Chris


Bhraka (3360m) - Manang (3540m)
2 kilomètres ; 180 mètres de dénivelé positif net ; 30 minutes de marche

Balade au Lac Gangapurna (environ 3600m)

Vu la journée épuisante d’hier, nous avons dormi d’une traite. Je ne me suis levé qu’une seule fois pour aller aux toilettes, et c’était déjà 5h33 ! J’ai réussi à me rendormir jusqu’à ce que le réveil sonne une heure et demie plus tard. 

La salle commune s’est drôlement vidée : les autres marcheurs ont continué leur chemin, nous sommes les seuls à avoir passé 3 nuits ici… On s’y est sentis super bien, mais il est temps de continuer l’acclimatation. Après le petit-déjeuner, nous rangeons nos affaires dans nos backpacks et quittons l’auberge.

Nous n’allons pas bien loin : à 2 km de Bhraka se trouve le village de Manang. Il est quasiment 10h lorsque nous y arrivons. Manang, l’une des étapes principales de ce trek, est le dernier village accessible en véhicule motorisé. C’est un petit village de montagne contenant toutes les différentes commodités nécessaires pour entamer le passage du col : plusieurs boulangeries, poste de secours médical, nombreuses auberges et boutiques vendant bonnets, baume du tigre, genouillères et snacks en tout genre. Tout est fait pour que le trekkeur s’y sente bien…

On dépose nos sacs dans l’une des premières auberges du village et partons en direction d’un petit lac au pied du glacier Gangapurna. Selon les plans, il est accessible en une heure. Le ciel est malheureusement couvert pour notre dernier jour d’acclimatation…

Sur le chemin du point de vue, nous admirons la vue depuis la mi-hauteur et prenons quelques photos ; sentant le temps se gâter, nous ne poursuivons néanmoins pas jusqu’au point de vue qui surplombe le lac et le village. Il se trouve en effet en plein dans le brouillard… Nous retournons au village et à peine assis dans une boulangerie, la pluie se met à tomber ! Quelle chance, nous sommes au chaud en train de déguster un bon croissant et un chocolat chaud, pendant que d’autres se prennent la pluie dans le froid.

Lorsque la pluie se calme, nous nous baladons dans le village. Ça nous prend 10 minutes chrono en main ! Manang n’est pas si grand que ça finalement… Retour à l’auberge pour se réchauffer.

Après le très sérieux HACE, voici le moins sérieux, mais tout aussi désagréable HAFE, soit le syndrome du pet dû à l’altitude.

A 15h, il y a une mini-conférence qui est donnée par la Himalayan Rescue Association au sujet du mal d’altitude. On a croisé Dave et Kathy dans le village et ils nous ont dit qu’ils y seraient : ils avaient pensé entamer la montée vers le col demain matin mais malheureusement, Dave ne se sent pas au top… Pendant 40 minutes, le responsable bénévole, un médecin néo-zélandais, nous explique tout ce qu’il y a à savoir sur les symptômes, les précautions à prendre et les risques si l’on n’écoute pas son corps ! Le mal aigu des montagnes, soit un mal de tête combiné à des nausées, une perte d’appétit et/ou une fatigue extrême, peut facilement dégénérer en œdème cérébral (HACE; High Altitude Cerebral Edema) s’il est ignoré… Le tout est à prendre très au sérieux, car le mal d’altitude peut tuer s’il n’est pas traité immédiatement. Très intéressant tout ça : il faut faire preuve de bon sens, cela va de soi ! Malgré quelques maux de têtes et le souffle un peu court, nous nous sentons en forme ; c’est de bonne augure pour la suite. 🙂

A la fin de la conférence, nous partons acheter quelques snacks pour la marche de ces prochains jours. Vers 16h30, nous sommes de retour à l’auberge et nous prélassons dans la salle commune de l’auberge, où le poêle vient d’être allumé… En attendant que le repas du soir soit servi aux environs de 18h, nous poursuivons nos activités intenses, soit l’écriture des prochains articles de blog.

L’excitation de la suite nous empêche de nous endormir avant au moins 21h !

Jour 336: jeudi 3 octobre 2019

ETAPE 9 : L'ETAPE OU LES CHOSES SERIEUSES COMMENCENT
par Camille


Manang (3540m) - Yak Kharka (4020m)
10 kilomètres ; 480 mètres de dénivelé positif net ; 3:45 heures de marche

Réveil sous le soleil qui illumine notre chambre à travers les rideaux pas très épais ! 🙂 Il est 6h15, on est au taquet.

Un petit-déj’ de champion (moi non plus, j’en peux plus du porridge), check-out et règlement de la note auprès de l’auberge, puis passage à la safe drinking water station pour remplir nos bouteilles. Avec tout ça, et sans la forme olympique de Greg et Virginie pour nous faire lever aux aurores, il est déjà 8h lorsqu’on démarre !

Aucun souci, l’étape d’aujourd’hui ne sera pas très longue : nous préférons en effet suivre les recommandations médicales en vigueur à ces altitudes-là, et ne pas dépasser le dénivelé positif de 500 mètres par jour. On s’élève au-dessus du village de Manang, puis on bifurque vers une autre vallée. Le paysage sera grandiose tout au long du chemin ! Des nuages se massent encore autour des sommets qui ne se dévoilent pas en entier. On croise les doigts pour que le temps s’éclaircisse encore plus dans les prochains jours : selon les prévisions, c’est le cas et on devrait avoir une superbe fenêtre météo pour le passage du col…

Après une bonne heure et demie de marche et déjà 400 mètres de dénivelé, on arrive au mini-village de Gunsang, qui surplombe la vallée. Une pause s’impose : thé et… fromage de yak ! Directement coupé de la meule. Trop bon. Un fromage à pâte très dure, très salé et hyper fort en goût. Une chose est sûre, ce n’est pas ça qui va améliorer notre haleine montagnarde, déjà passablement affectée par la quantité gigantesque d’ail que l’on ingère depuis la première étape… L’ail est en effet l’équivalent himalayen de la feuille de coca sud-américaine, et les locaux croient dur comme fer à ses pouvoirs préventifs, au point d’en mettre plusieurs gousses dans tous nos plats.

10h15, c’est reparti ! Le chemin longe la montagne en faisant quelques hauts et bas… Rien de bien sorcier pour cette première étape de véritable ascension vers le col. Il n’empêche, l’altitude est là et le souffle est court ! Chris, de son côté, est aussi guilleret qu’à 1’000 mètres – ce doit être les gènes andins. 😉

Il est tout juste passé midi lorsqu’on arrive en vue du village (“hameau” serait un terme plus approprié) de Yak Kharka. Quatre auberges et restaurants attenants, c’est à peu près tout ! On compare les deux premières : ce sera la deuxième, le Gangapurna Lodge. Avec des toilettes turques partout, le choix est vite fait… Notre chambre n’est pas dégueu’, mais il y fait un froid de canard même en pleine journée ensoleillée ! On s’attable dans le restaurant de l’auberge pour reprendre des forces. Le soleil, le froid, l’altitude : même avec une étape plutôt courte, je suis K.-O.

Cet après-midi, on glande dans le petit salon cosy à côté du resto… Je prends une douche chaude, quitte à payer quelques centimes, car ce ne sera très probablement pas possible demain. L’un des gars de l’auberge vient allumer le poêle et heureusement parce que la température ne doit pas être loin de 0°C ! Plus que 3 nuits au-dessus de 3’000 mètres si tout va bien ; après cela, les températures devraient revenir à la normale…

Le souper est servi à 18h. Un dal baht supplémentaire ! Miam. 🙂 J”engage la conversation avec le couple assis à côté de nous, et on passe au final la soirée à discuter. Super sympa ! Ils deviendront d’ailleurs nos compagnons de trek pour la suite… Mark est hispano-anglais de Madrid, en voyage depuis 2 ans, et Michelle est kiwi ; elle vivait en Chine et suivait une formation en Nouvelle-Zélande lorsqu’elle y a rencontré Mark, qui commençait son voyage. Depuis 6 mois, elle le suit dans son périple. Les deux sont digitaux-nomades : ils sont employés par une entreprise chinoise pour donner des cours d’appui de langue anglaise par vidéo-conférence !

On convient de se retrouver pour le petit-déjeuner demain, avant de retourner dans nos chambres glaciales pour une nuit à plus de 4’000 mètres…

Jour 337: vendredi 4 octobre 2019

ETAPE 10 : L'ETAPE OU LE COL SE RAPPROCHE
par Chris


Yak Kharka (4020m) - Thorong Phedi (Low camp; 4450m)
7 kilomètres ; 430 mètres de dénivelé positif net ; 3:45 heures de marche

Réveil dans la précipitation, nous n’avons pas entendu nos téléphones et le déjeuner est servi dans 15 minutes. Il faut donc enfiler nos vêtements gelés en vitesse. 

J’avais envie de pancake ce matin, alors j’ai commandé un chocolate pancake en espérant que ça me tienne au ventre pour la montée du jour. Nous retrouvons le couple hispano-kiwi rencontré hier, Marc & Michelle, et prenons le petit-déj’ en même temps.

Nous nous mettons en route à 8h, plus ou moins. Vu que nous avons passé la barre des 3’500 mètres depuis Manang, nous devons faire attention à ne pas dépasser un dénivelé positif de plus de 500 mètres par jour. La montée jusqu’au village de Letdar est régulière mais bien inclinée…

Celle-ci suit le flanc de la montagne, ce qui nous permet d’admirer la vallée et les pics enneigés tout autour de nous. En chemin, nous croisons un troupeau de yaks. Impressionnants de taille !

A un certain point on s’arrête : il y a deux parcours possibles, par la gauche (A) ou tout droit (B) pour atteindre un refuge où l’on fera une pause. Voici comment ils se présentent :

A) le premier nous oblige à prendre à gauche, descendre le chemin et traverser la rivière sur un pont suspendu, puis de continuer sur le flanc de montagne d’en face avec une montée plus longue mais à l’apparence moins pénible

B) le deuxième parcours possible permet quant à lui de rester sur ce flanc de montagne encore 2 kilomètres, puis traverser sur un pont plus loin, dont on ne sait ni la longueur, ni la pente à remonter ensuite, mais qui semble tout de même plus courte.

Chacun choisit un chemin. À votre avis, qui a choisi quel parcours ? Et vous, quelle option auriez-vous choisi ?

Tic tac, tic tac, tic tac.

Au refuge, Camille arrive à bout de souffle ; ça fait un bon quart d’heure que je l’attends ! Nous avons marché chacun d’un côté de la vallée. Lorsque j’ai vu le sentier par lequel elle devait passer, j’étais persuadé qu’elle allait souffrir…

Vous n’avez toujours pas deviné qui a pris quel chemin ? On est sympas, on vous donne la réponse : j’ai pris à gauche, tandis que Camille a encore continué avant de traverser la rivière. La pente qu’elle a dû monter était sacrément raide !

Petite pause indispensable, les 4’000m se font clairement sentir ! Le sentier se poursuit sur un flanc de montagne très incliné, c’est un pierrier où nous devons être très attentifs. En effet, ce passage est réputé être dangereux à cause des chutes de pierres et glissements de terrain. Un troupeau de chamois se trouve un peu plus haut, on les voit faire des allers-retours… Tout à coup, une pierre dévale la pente à une vitesse hallucinante, elle nous passe à 5 mètres devant ! Quel coup de chance, à quelques mètres, l’un de nous deux se la ramassait en pleine tête, et le caillou devait bien mesurer une quinzaine de centimètres…

Ça y est, nous apercevons le hameau de Thorong Pedi, communément appelé Low camp. Nous croisons cette fois un troupeau de chevaux qui s’emballent et malgré que nous nous soyons mis de côté pour les laisser passer, l’un d’eux renverse Camille alors qu’un autre me bouscule fortement. Plus de peur que de mal, le berger s’excuse… Vivement qu’on arrive !

Il est un peu plus de midi lorsque nous posons nos fesses au Thorong Pedi Lodge, le camp de base du col que nous allons passer demain. Lessivés, exténués, et fatigués par cette étape pourtant courte, on se commande un repas… Pendant que nous nous réchauffons autour d’un thé, Marc et Michelle nous rejoignent. Ils logent dans la même auberge sauf qu’on les avait pas vus en entrant : étant arrivés une petite demie-heure avant nous, ils se reposaient dans leur chambre. Nous sommes tous dans la même galère, c’est trop bien. 🙂

Un peu plus tard dans l’après-midi, nous voyons débarquer Jean-Baptiste et toute la clique. C’est trop génial, nous voilà réunis avant le passage du col, l’apothéose de ce trek ! Il ne manque plus que Greg et Virginie pour compléter toute cette équipe, mais à ce moment-ci nous ne savons toujours pas s’ils ont déjà passé le col ou pas… Etant déjà montés à quasiment 5’000 mètres (l’altitude du Tilicho Lake), ils peuvent grimper plus vite que la recommandation standard des 500 mètres par jour ! Selon Jean-Baptiste, Greg et Virginie ont dû passer le col ce matin, car ils se sont croisés au camp de base du Tilicho et nos amis avaient une journée d’avance sur lui.

La soirée, autant que la nuit, sera très courte : il s’agit de se reposer un maximum. Il ne faut pas oublier que nous allons dormir à 4’500m d’altitude, la nuit la plus haute de notre vie ! Avant d’aller se coucher, nous passons commande du déjeuner pour 3h30… Je sens l’adrénaline monter ; pourvu que nous n’ayons pas de souci particulier.

Déjà dans un demi-sommeil, emmitouflés dans 3 couvertures, nous entendons des bruits de plastique. Ils proviennent de mon sac : on allume une lampe de poche et on voit un petit rongeur détaler ! Ah ça va, il essayait juste de manger les snacks que nous avions oublié de fermer. 🙂

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