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Jours 299-301: Ceux qui redeviennent des touristes

Koh Samui, Thaïlande.

Jour 299: mardi 27 août 2019

Aujourd’hui est un grand jour !!! Yeahhhhh, c’est l’anniversaire de Camille, alors si vous avez oublié de lui souhaiter une bonne fête c’est le moment de le faire ! 🙂

Nous sommes un peu désorientés après cette semaine de méditation… Buddha merci, nous venons d’être déposés à Lamai Beach à 8h30 et les rues sont encore vides ! Je pense que si on nous avait lâchés plus tard dans la journée, lorsque la foule bruyante investit les rues, on serait reparti en retraite directement. 🧘‍♂️🧘‍♀️

Ne sachant pas où aller, nous errons dans les rues à la recherche d’un café-bar ouvert à cette heure-ci… Au coin de la rue, un café vient d’ouvrir ses portes. Nous prenons place et commandons un café pour Camille et un jus pour moi. La retraite méditative oubliée, nous pouvons reprendre nos vices ! Camille est aux anges, le café lui a manqué cette semaine ☕.

Bien évidemment, nos discussions tournent autour de cette expérience que nous venons de vivre. La question de savoir comment ré-apprivoiser le monde extérieur et y retrouver sa place après une telle semaine revient sans cesse… Nous sentons une évolution intérieure considérable et en même temps, le fait d’être ici à Koh Samui, où tous les vices sont permis, est plutôt perturbant. Nous retardons notamment le plus possible la mise en fonction de nos natels, mais il faut bien se résoudre à le faire… Nous n’avons tout simplement pas de logement pour ce soir et aucune idée de ce que nous allons faire sur cette île ces prochains jours !

Une recherche rapide sur Booking pour trouver une chambre disponible et voilà que nous tombons sur une auberge qui s’appelle ‘Flowers Paradise & Röstiland’ ! Was ? On suppose que ce sont des Suisses qui tiennent ça et l’on se dit qu’on ne peut décidément pas passer à côté ! D’autant plus que l’auberge se situe à l’extérieur du centre de Lamai Beach, ce qui nous évitera d’être confronté à la cohue ambiante dès la tombée de la nuit ici au centre du village…

Nous devons parcourir 2 km afin d’atteindre le pays du rösti, et comme la chaleur est encore supportable, nous les faisons à pied. En fait, avec nos sacs sur le dos, on se rend compte très vite qu’il fait une de ces tiaffes 🥵 ! Les chauffeurs de taxis nous accostent tous les 50 mètres, ils ne sont pas habitués à voir des touristes marcher, alors ils tentent de nous faire monter dans leur véhicule. Nous restons zen face aux demandes redondantes…

“Hallo, my name is Veronika, welcome to Flowers Paradise & Röstiland”. A ces quelques mots prononcés, on reconnaît très vite l’accent de nos compatriotes Suisses-allemands ! Ça ne nous fait pas nous sentir comme à la maison, mais au moins l’endroit doit être propre. 🙂 “Passport please”, je lui tends mon passeport rouge à croix blanche et voilà qu’elle sort quelques mots en schwyzerdütsch, on l’arrête tout de suite avant qu’elle ne s’emballe, on ne comprend pas un seul mot, lui signalant que nous sommes welsches. Je crois apercevoir une pointe de déception dans son regard, mais si c’est le cas, elle est déçue en bien. Comme presque à chaque fois que l’on rencontre d’autres Suisses, les locaux nous regardent d’un air interloqué : eh oui, on vient du même pays, mais on parle anglais pour se comprendre ! Sorry ! Toute heureuse de recevoir des touristes suisses, Veronika nous amène à notre chambre ! Celle-ci se situe dans un bungalow style mayen valaisan portant le nom d’une célèbre montagne suisse : le Stockhorn. On fait également la connaissance de son schatzeli, Franz.

Le bungalow est mignon, on laisse nos affaires dans la chambre et nous nous asseyons sur la terrasse du restaurant qui leur appartient. Un coup d’œil au menu et vous ne croirez pas ce qu’ils proposent : non pas une schublig ou du papet vaudois, mais des spätzli, des croûtes au fromage, bien sûr du rösti et de la raclette, ainsi que l’incontournable fondue au fromage !!! Non, mais ça joue ou biennnn ?!? Il faut être un peu tablard pour payer ça : vu les prix, on se croirait vraiment en Suisse pour le coup…

Comme il roille cet après-midi et qu’on est un peu mollachus, on va juste se rincer le gosier et geeker. En soirée, nous décollons de nos chaises pour aller louer un boguet ou un scooter, enfin ce qu’on trouve. Il s’avère que juste en face de Röstiland, une blanchisserie loue des scoots… Il fallait y penser !

A défaut de fondue au fromage, on se rend dans un resto du quartier. Et pour fêter l’anniversaire de Camille, on se commande des plats bien typiques de Thaïlande ! De bleu de bleu comme c’est bon ☺ On se régale avant d’aller pieuter. Et pour la première nuit après notre semaine de méditation intensive, nous nous couchons aux environs de 22h30 pünktlich ! Gute Nacht.

Jour 300: mercredi 28 août 2019

Guete Morge. Pas de réveil au son des cloches bouddhistes à 4h30, comme ça fait du bien ! On en profite pour roupiller jusqu’à 8h30… On prend le petit-déj’ à l’auberge, Veronika (VeronikRa en schwyzerdütsch) nous demande si on a bien dormi et on discute un peu avec elle. Zut, elle ne propose pas de cenovis !

Il ne roille pas ce matin, tip top ! Nous partons à la découverte de la plus grande île de Thaïlande, où resorts de luxe et lieux branchés côtoient les restaurants locaux et autres temples traditionnels. Armés de notre application préférée, on dessine un itinéraire pour la journée avec les quelques points de vue à visiter aux alentours. Le scooter est en très bon état et je suis enthousiaste à l’idée de conduire à nouveau, même si le trafic est moins exigeant qu’en Indonésie ! Les routes ont bien séché, mais on aperçoit quand même des gouilles par-ci, par là…

L’île est bien développée et il y a pleins d’activités proposées, telles que des matches de boxe thaï, des stands de tir pour améliorer sa visée, des balades sur des éléphants maltraités, des massages avec contacts approfondis, entre autres… Bref, tout ce qu’il faut pour occuper les touristes à des tarifs imbattables.

Notre désir de visiter les quelques cascades et les points de vue se solde par un échec. Qui dit touriste, dit aussi parfois portefeuille ambulant. Et la preuve en est lorsqu’à chaque arrêt, on nous demande de payer soit pour le parking (ça peut se comprendre), soit pour accéder au point d’intérêt… Ok, nous sommes touristes et avons certainement le pouvoir d’achat ad hoc, mais nous ne cautionnons pas du tout cette façon de soutirer de l’argent par n’importe quel moyen. Faire payer pour se rendre à une cascade, même pas privée en l’occurrence, c’est presque du vol, surtout lorsque les locaux ne sont pas les principaux bénéficiaires ! Verdict : nous boycottons, quitte à ne pas voir les plus belles cascades de l’île ou les lieux les plus instagrammables ! Par conséquent, nous ne pouvons vous montrer de photos des endroits idylliques de Samui 🙁

Nous poursuivons notre balade en scooter et nous éloignons de la côte pour monter dans les hauteurs de l’île. Là-bas se trouvent différents temples et le panorama est spectaculaire. Par endroits, les routes ressemblent à des champs de patates et Camille est obligée de descendre du scoot’ pour me permettre de manœuvrer… Et même seul, j’ai un peu les chocottes !

Notre périple nous fait passer par la forêt, mais quelque chose schlingue et nous constatons que la culture de durians, fruit asiatique dégageant une odeur nauséabonde, est intensive par ici.

On vous rassure, nous n’avons pas chuté… Au contraire, nous avons continué jusqu’à atteindre une statue de Buddha qui surplombe l’île. Sa taille est impressionnante, mais ce qui nous frappe le plus c’est le soin que les habitants prennent pour de tels monuments. Autour peuvent traîner des tas de déchets, mais alors sur les lieux sacrés, tout est brillant ou presque ! Un peu plus loin, nous découvrons un Buddha couché, mais celui-ci semble être à l’abandon…

Pas mal de route pour voir ces temples et sentir ses odeurs valait la peine, puisque depuis certains points nous avons une vue imprenable sur les baies de Koh Samui !

Nous redescendons vers la côte via des routes pentues, mais en bon état. Notre prochain point d’intérêt se situe à l’extrémité du village : ce sont des rochers représentant des formes d’organes génitaux ! Ces gros blocs de roches, nommés Hin Ta et Hin Yai, respectivement ‘Grandma’ et ‘Grandpa’ ou l’inverse je ne sais plus, racontent une légende tragique que voici :

Il était une fois, un vieux couple du nom de Ta et de Yai et leur fils. Lorsqu’il fut temps pour le fils de se marier, la petite famille se mit à naviguer vers un village voisin pour demander la main d’une fille. Au cours de leur périple, un tempête s’abattit sur eux ! La petite embarcation chavira et tout le monde se retrouva dans l’eau agitée. Le couple, âgé, incapable de nager jusqu’à la rive, se noya sous les yeux du fils qui, lui, put regagner la rive. Ta et Yai se transformèrent alors en roche pour prouver leurs intentions au père de la future mariée. Depuis ce jour, ces rochers se tiennent là et le grand-père est toujours en pleine forme…

Finalement, à part l’organe génital du papy, qu’on peut difficilement rater, celui de mamie a été impossible à trouver !

Comme le ciel se fait menaçant, on se résout à rentrer au bercail, et prendre un lunch dans un petit resto local proche de Röstiland. Le tenancier est très sympa et ses plats sont bons. Excellent rapport qualité-prix !

Cet après-midi, nous allons faire ce que l’on fait le plus (ou presque) depuis que nous avons terminé la semaine de méditation : geeker ! 😉 Le temps passe vite entre l’écriture et les dessins… Et en fin d’après-midi, voyant le ciel se dégager et le soleil se dévoiler, on enfourche le scooter et nous démarrons le bolide au quart de tour ! Il est 17h30, on trace vers le nord de l’île. Arrêt par le port pour se renseigner au sujet des ferry : ah ben non c’est fermé, nous nous renseignerons pour les packages demain.

Prochain stop : Big Buddha, la statue la plus grande de Samui. Nous arrivons juste à temps pour l’admirer et prendre quelques photos, avant que les portails ne se ferment derrière nous… Camille doit se couvrir le corps pour pouvoir entrer dans ce lieu sacré. Si la statue de ce matin nous paraissait impressionnante, que dire de celle-ci, c’est un magnifique mastodonte ! 12 mètres de haut, 10 mètres de large au niveau des genoux, en position du lotus. Nous sommes pratiquement seuls, on a bien fait de venir au dernier moment 😎

Puisqu’on nous pousse vers la sortie, nous reprenons le scooter pour aller visiter deux autres temples à quelques kilomètres de là. Cette fois, nous nous retrouvons vraiment tout seuls… L’entrée est libre et les temples sont à nous ! Les lumières de fin de journée font ressortir encore plus les ornements de ces bâtiments et des statues présentes. Devant nous s’érigent la Déesse de la Miséricorde avec ses 18 bras et le Bouddha rieur avec son ventre rondouillet. Le site est absolument somptueux et nos yeux se régalent !

La nuit tombée, nous reprenons le chemin en direction de Lamai Beach. Pendant le trajet, nous dépassons un food-truck local, c’est-à-dire un scooter aménagé avec une petite remorque sur le côté, permettant au passager de faire griller ses brochettes pendant que le conducteur se concentre sur le trafic !!! Ingénieux 🙂

Pour souper, nous retournons au petit resto local où nous avions mangé avec Greg & Virginie avant la retraite. On y mange bien, on déguste une flopée de saveurs, et la nourriture n’est pas chère, c’est le combo idéal pour nous !

De retour dans notre canfouine, nous nous affalons dans le lit et pionçons jusqu’au lendemain…

Jour 301: jeudi 29 août 2019

Bon, à notre réveil ce matin, une averse se fait entendre. On traîne dans le resto de l’auberge en attendant une accalmie… Même si de ce côté-ci de la Thaïlande c’est censé être la belle saison, les tempêtes sont encore passagères et sur une île, vous vous doutez bien qu’il n’y a pas grand chose à faire à part profiter des plages, ou se faire masser… Pour les photos de plages de Samui, ma foi, on surfera sur des blogs afin de se faire une idée à quoi elles ressemblent avec un temps ensoleillé ! 😉

La journée se déroule au gré de nos discussions avec VeronikRa qui nous raconte son parcours et un peu de sa vie en Thaïlande. La Suisse ne lui manque pas du tout… Au moins ça a le mérite d’être direct et clair, ahhh une authentique Suisse-allemande !

Entre deux séances de rédaction d’articles (y’a pas le feu au lac), nous retournons dîner dans le petit restaurant au bout de la rue, puis on passe réserver notre billet de bateau pour la prochaine destination: l’île de Koh Tao. Nous espérons que la dame de l’agence de voyage, qui propose aussi un service de blanchisserie (business florissant apparemment), ait compris notre demande… Son anglais n’étant pas des plus fluides et notre thaï encore un peu bafouillé. 😉

En soirée, on prend le scooter pour aller ruper quelque chose en direction du centre de Lamai Beach. Comme d’hab’, on s’en lèche les babines. C’est notre dernière nuit à Röstiland, demain nous prenons la mer et sortons la grand’voile !

Au revoir, merci bien. Adee, merci vilmal !!!

 

NB : cet article contient des expressions vaudoises bien de chez nous. Si vous souhaitez approfondir votre vocabulaire, je vous suggère le lexique topio.ch. Adieu don’ !

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