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Jours 217-219: Ceux qui survivent aux routes balinaises

Pura Ulun, Lac Beratan, Île de Bali, Indonésie.

Jour 217: jeudi 6 juin 2019

Après un petit-déjeuner en terrasse au Eka’s Homestay, nous allons chercher les scooters réservés hier dans la soirée. À Ubud, il est très facile de se procurer un scooter, soit par l’auberge, soit en passant par une agence dans la rue. Yann et Juju ont loué chacun le sien pour prendre respectivement Juno et Ehowyn. Notre scooter pour ces 3 jours s’avère en excellent état et plutôt récent ; tant mieux, on va être assis dessus plusieurs heures par jour. 🙂

Pour ce roadtrip, nous ne savons pas ce qui nous attend en terme de trafic… De ce que nous avons pu constater dans le sud de Denpasar, puis à Ubud, il va falloir décupler notre attention sur la route ! Il nous faut d’abord sortir de la ville, et la route est surchargée. Entre les véhicules transportant les touristes et les scooters, parfois même les piétons sur la route, des poulets, des chiens ou des vaches, il faut se frayer son propre chemin !

Au bout d’un quart d’heure à zigzaguer dans le trafic, nous quittons la ville et la circulation se fluidifie un peu… Le ciel est totalement dégagé et le soleil brûle nos peaux, ce qui nous pousse à nous arrêter en bord de route pour mettre de la crème solaire.

Quelques minutes plus tard, lors d’un redémarrage dans un carrefour, nous vivons une belle frayeur ! Ma main droite, humide dû au mélange entre la crème solaire et la sueur, glisse sur l’accélérateur et je perds le contrôle du scooter, traversant le carrefour et coupant la priorité aux véhicules circulant de part et d’autre… Tentant tant bien que mal de reprendre le contrôle, je pose désespérément mes pieds sur le sol pour ralentir la vitesse ! Sur ma gauche, une moto déboule à toute vitesse, je sens qu’il va nous foncer dessus, j’entends Camille crier dans mon dos. Grâce à un réflexe venu de nulle part et au fait que mes pieds avaient réussi à ralentir quelque peu la vitesse, j’arrive à esquiver la moto, juste ce qu’il faut ! Les Indonésiens étant d’excellents conducteurs de deux roues, le motocycliste avait pu freiner à temps pour éviter de nous foncer dessus… Nous nous retrouvons sur l’herbe, encore debout, mais le cœur qui bat à son plein ! On peut dire que nous nous en sortons bien, une bonne étoile veille sur nous 🙂

Nous reprenons la route… Moi, déterminé à ne pas me laisser gagner par la peur, je me mets dans la peau d’un Indonésien conduisant un scooter. Dépassement par la gauche entre le trottoir et les voitures, puis par la droite en troisième file sur la voie venant en sens inverse, freinage au dernier moment, accélération entre deux voitures, me voilà rassuré par mes réflexes et la confiance retrouvée ! Je ne suis pas sûr que Camille se réjouisse de cela, je la sens tendue derrière moi… D’ailleurs, elle me le fait comprendre en serrant “gentiment” mes bras à chaque pointe de vitesse à 40 km/h. 🙂 La route de montagne empruntée est tortueuse avec des virages pentus et le trafic quand même dense, je suis concentré à 200%, car le danger menace de tous les côtés !

Nous arrivons tous entiers au temple de Pura Ulun au bord du Lac Beratan. Ce temple, même s’il est prisé par les touristes, est plus “aéré” que celui de Uluwatu, et agréable à visiter. Tout est joliment fleuri, les temples sont beaux et les espaces verts sans déchets !

La faim se faisant sentir, nous nous asseyons au warung du parc et commandons nos habituels Mie Goreng. 🙂

La deuxième partie du trajet est beaucoup plus agréable, moins de trafic mais tout autant de virages ! En montant la colline, nous nous arrêtons à un point de vue où l’on peut admirer les Twin Lakes, ainsi que des macaques. Arrêt d’urgence quelques minutes plus tard, Camille vient de se faire piquer par une petite bête lorsqu’on roulait. L’insecte s’est pris de plein fouet le visage de Camille, ce qui lui cause un joli petit bouton…

Après la montée vient la descente, et ce jusqu’au village de Munduk. Il est 15h30, et notre mission première est de trouver un hébergement pour ce soir. Le premier homestay visité est complet, mais à ce moment-là, une dame sortie de nulle part nous approche pour nous informer qu’elle a deux chambres dans son homestay tout neuf ! Sans engagement, nous l’accompagnons pour la visite des chambres et effectivement, elles viennent d’être terminées. Les murs sont d’un blanc immaculé, la salle de bain toute pimpante et la vue sur les montagnes est impressionnante… Adjugé, nous passerons la nuit ici !

Nous laissons nos affaires et les scooters à l’auberge pour aller nous balader dans les rizières environnantes. La balade nous fait traverser une forêt bien dense, puis longer les plantations… Avec la lumière de la fin de journée, les couleurs sont plus vives et les contrastes saisissants ! Tout au long de notre balade, les quelques enfants croisés nous lancent des ‘hello’ ou ‘what’s your name’, un large sourire sur leurs visages. 🙂 On est sous le charme de la région… Après la frénésie touristique du sud de Bali, cela nous fait un bien fou de retrouver l’authenticité indonésienne et leur accueil chaleureux !

Retour à l’auberge, puis douche dans cette salle de bains flambante neuve : quel bonheur ! Ah les petits plaisirs de la vie…

Nous n’allons pas très loin pour le repas du soir : nous n’avons qu’à monter 2 étages pour rejoindre le warung de l’auberge, où nos plats mettront quasiment une heure à être servis… Pourtant nous sommes les seuls clients à ce moment-là 🙂 Qu’importe, c’est ‘Bali time’, et nous partageons une très belle soirée tous les six !

Munduk, Île de Bali, Indonésie.

Jour 218: vendredi 7 juin 2019

Après un réveil au calme, nous allons prendre le petit-déj’ dans le restaurant d’hier soir. Des pâtisseries typiques sont au menu : bananes frites et douceurs à base de riz, entre autres. 🙂 C’est très bon et en même temps différent des déjeuners dans les autres auberges. On sent que le personnel de la maison d’hôtes veut chouchouter leurs résidents, quelle chance d’avoir atterri ici !

Le départ de la balade des cascades que nous voulons faire ce matin est à quelques pas de notre auberge. Nous laissons les scooters et nos bagages là, ce sera plus simple. Le chemin est bétonné et très vallonné ; nous traversons la forêt tropicale et apercevons des cacaotiers, ainsi que des grains de café et des noix de muscades en train de sécher au soleil…

C’est alors que Juju voit une énorme araignée accrochée à sa toile entre deux arbres ! Nous sommes tous impressionnés et tellement contents de la savoir à quelques mètres de nous 🙂 Une dame, tenant son échoppe juste derrière nous, s’approche et nous demande si on veut voir une araignée de près… Un peu mitigés, nous nous laissons guider jusque dans son jardin et nous pouvons voir la bête : sans exagération, sa taille est plus grande que ma main !!! Nous nous tenons à un mètre d’elle et selon la dame, les araignées de ce type ne sont pas dangereuses… Ça nous suffit, qu’elle reste où elle est !

Nous apprenons que le café en train de sécher lui appartient, puis elle nous montre également ses autres récoltes : clous de girofle, cacao, noix de muscade, piments, vanille et cannelle. Elle prend le temps de nous expliquer comment elle procède, c’est très intéressant !

La balade continue jusqu’à la première cascade. Il fait très chaud aujourd’hui et un petit bain frais nous ferait plus que du bien ! Le bain ne se fera pas à celle-ci, l’accès à la cascade étant payant. Nous poursuivons jusqu’à la deuxième cascade, Labuan Kebo Falls, où nous constatons qu’il faut également payer… Une touriste croisée sur le chemin nous confirme que les autres cascades sont toutes payantes ! On reste ici, le prix de l’entrée est raisonnable et nous sommes épuisés par la marche sous cette chaleur. Pour atteindre la cascade, il faut emprunter un chemin raide mais heureusement bien entretenu. Tout en bas, nous pouvons enfin voir cette cascade, haute d’une bonne vingtaine de mètres. Impressionnant ! Cependant, la baignade n’y est pas conseillée car l’espace dans l’eau est restreint. Des travailleurs agrandissent le bassin…

Retour au village, il est 12h30 et nous avons faim après cet effort sous une telle chaleur étouffante. Petite marche pour rejoindre le restaurant et nous pouvons enfin commander nos plats. Il nous aura fallu attendre une bonne heure avant de voir la première assiette arriver… Le service rapide au resto, ici ils ne connaissent pas, et ce n’est pas plus mal ! ‘Bali time’ 🙂

Nous reprenons les scooters pour nous rendre aux rizières de Belimbing, recommandées par le gérant du resto car comparées aux rizières de Jatiluwih, elles sont beaucoup moins touristiques. Le gérant n’avait pas tort, ici pas de touriste en vue. Les habitants de la région sont quelque peu surpris en nous voyant, ils n’ont pas l’air de voir beaucoup d’étrangers (surtout en scooter) !

Comme hier, nous n’avons aucun logement réservé pour ce soir et vu la région reculée ici, il nous semble plus difficile de trouver une auberge ou maison d’hôtes. Il est 15h30 et on voudrait quand même s’assurer d’avoir une chambre pour la nuit, avec suffisamment d’espace pour les enfants. Notre premier essai, repéré sur Maps.me, se solde par une absence du proprio… Enfin, c’est ce que nous comprenons avec le voisin qui a les clés mais ne parle pas un mot d’anglais.

Nous avions vu un complexe hôtelier sur l’application pas loin, mais d’une catégorie supérieure, nettement au-dessus de notre budget. Voyant que l’après-midi file, on se résout à aller demander le tarif des chambres : 700k roupies ! Trop élevé pour nous, et encore plus pour Yann et Juju qui doivent en prendre deux car il n’y pas de chambre familiale !!! Le gérant nous fait une autre proposition : des cabanes aménagées à l’extérieur du complexe avec vue sur les rizières, sans clim’ ni eau pour 300k roupies… Ça entre dans nos moyens, mais c’est très embêtant de savoir que l’on ne peut se doucher et les chambres se trouvent à 3 km !

Le gérant de l’hôtel sent notre désespoir et nous propose une affaire : 300k roupies par chambre double dans le complexe si on en réserve de suite trois. C’est la basse saison pour eux et les chambres sont libres, tout le monde est gagnant… 🙂 Après un rapide calcul, nous acceptons gaiement ! Pendant que nos chambres sont en préparation, nous nous dirigeons à toute vitesse dans la piscine de l’hôtel. Quel pied, nous profitons de la piscine avec une vue imprenable sur les rizières !!!

Le ciel s’est assombri, mais cela ne nous empêche pas de voir le paysage, puis ensuite de passer dans le jacuzzi. 🙂 Les enfants sont surexcités, nous de même, on a eu de la chance de tomber dans cet hôtel et de se voir proposer un tel tarif ! Nous n’aurions pas pu nous permettre un tel luxe autrement… Pour couronner le tout, nous découvrons notre chambre avec un immense lit king size à baldaquin !

Belimbing, Île de Bali, Indonésie.

Jour 2019: samedi 8 juin 2019

Nous ouvrons les yeux après une nuit de rêve dans ce lit méga confortable ! On ne peut pas mieux commencer la journée, surtout quand on voit les rizières depuis notre fenêtre. 🙂

Nous nous déplaçons jusqu’à un autre restaurant, ici ils n’amènent pas le petit-déjeuner au lit 🙁 Nuuuuuul !!! Non en fait, le prix du petit-déj’ n’est pas compris avec notre chambre, vu le rabais proposé. 🙂

En arrivant au restaurant, deux grandes chauves-souris sont suspendues à un arbuste ! Les enfants sont tout de suite captivés par ces animaux, et moi aussi d’ailleurs. C’est fascinant de voir d’aussi grandes chauves-souris de très près. On pourrait presque dire qu’elles sont belles avec leurs crinières !

Encore une fois, quel pied de prendre son petit-déj’ avec une vue sur les rizières. Le soleil qui éclaire une partie des champs, ce qui fait ressortir le vert des plantations déjà mûres !

Fins prêts pour démarrer la balade dans les rizières ! C’est parti, juste à une centaine de mètres de notre hôtel, le chemin démarre et nous mène jusque dans les terrasses supérieures… Tout de suite on s’exclame vis-à-vis de la beauté du site : c’est magnifique !

Nous longeons la terrasse et décidons de descendre de niveau dans les rizières, où certains passages sont bien inondés et plein de boue.

Nous nous promenons dans ces rizières une bonne demie heure, tentant de retrouver un chemin pour en sortir mais nous nous apercevons que nous sommes bien loin du départ. A présent, nous sommes entourés par des cacaotiers et caféiers, dans une forêt dense !

L’un de ces semblants de chemin nous mène jusqu’à une maison isolée en pleine forêt. Les chiens se mettent à nous aboyer mais leur maître, une dame, les fait se calmer… Nous lui expliquons que nous sommes perdus et que nous voudrions juste retrouver le chemin. Ni une ni deux, voilà qu’elle se met à marcher devant et nous demande de la suivre, dans un anglais approximatif. Nous nous mettons en file derrière elle, les chemins par lesquels elle nous fait passer sont étroits et il faut parfois enjamber des buissons ! Nous n’avons aucune idée de comment elle arrive à s’orienter parmi ces grands palmiers qui se ressemblent tous, mais elle arrive à nous accompagner jusqu’à la porte d’entrée de notre hôtel… Adorable, on la remercie infiniment et elle refuse notre argent, elle voulait juste nous aider. Cette petite balade imprévue nous a permis de découvrir cette forêt luxuriante derrière les rizières, sans avoir croisé une seule fois un touriste !

On récupère nos sacs à dos et nous remontons sur nos scooters en direction de la Singsing Waterfall. Au bout de quelques impasses et de nombreux nids de poules, nous pouvons enfin parquer nos deux-roues. Pour accéder à la cascade, une descente d’un petit kilomètre nous attend et c’est là que nous pouvons enfin la découvrir ! Elle n’est pas très haute mais n’en reste pas moins splendide. Nous ne nous baignons pas, mais on y reste un moment…

En retournant à nos scooters, Yann ne se sent pas bien du tout et commence à être fiévreux. Il se repose un peu et tente de reprendre de l’énergie pour les quelques dizaines de kilomètres jusqu’à Ubud. La circulation s’intensifie à mesure que nous approchons d’Ubud, il faut réactiver les réflexes de conduite et partager la route avec la centaine de scooters au kilomètre carré. Le trafic est infernal et encore pire lorsque nous entrons dans Ubud… Il y a bien des policiers qui tentent de fluidifier la circulation, mais il faut bien avouer qu’ils sont inutiles et personne ne fait vraiment attention à eux !

De retour à Eka’s Homestay, Yann va direct se coucher tandis que Juju s’occupe des enfants et des leçons qu’ils n’ont pas eu ces derniers jours. Quant à nous, nous profitons du wi-fi pour organiser la suite de notre séjour ; il ne nous reste plus qu’une dizaine de jours avant de quitter l’Indonésie… 🙁

Ce soir, nous retrouvons Stéphane et Marion, nos amis hélvetico-français expatriés. Rappelez-vous, nous avions partagé un brunch avec eux à Sydney il y a quelques semaines ! Ils sont en vacances à Bali et on ne pouvait pas rater l’occasion de se revoir ici. 🙂 Nous passons la soirée au Nomad’s, à bien manger et à rire, vraiment un excellent moment ! On voulait poursuivre la soirée dans un bar, mais les restaurants et bars ferment à 22h30 ici à Ubud ; pour un samedi soir, ce n’est pas très festif…

D’ailleurs, il est 23h et nous nous disons bonne nuit ! 🙂

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