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Jours 138-141: Ceux qui débarquent au paradis

Tavewa Island, Fidjis.

Jour 138: mardi 19 mars 2019

Après 3 heures et demi de vol au-dessus de l’étendue bleue infinie du Pacifique, on aperçoit la terre… Ça y est, on a atterri sous les cocotiers !!! 🙂

On est accueillis dans l’aéroport par 3 hommes en tenues traditionnelles (c’est-à-dire qu’en plus de la jolie chemise à motifs colorés, ils portent… une jupe), qui jouent de la guitare et du ukulélé. Ça met directement dans l’ambiance ! 🙂 On entend partout le mot “Bula”, à prononcer avec un petit accent presque africain, qui signifie “Bonjour” et “Bienvenue” en Fidjien.

Une fois l’immigration passée, on décroche notre tente et on prépare nos chaussures de marche, prêts à dégainer la petite carte officielle sur laquelle on déclare avoir côtoyé des animaux et marché dans la forêt lors des 30 derniers jours. Heuuu… sauf que la nana du contrôle de biosécurité nous prend notre carte en nous disant “Bula” mais ne la regarde même pas, tout comme son écran d’ordinateur lorsque nos bagages passent dans le scanner. Une grosse blague cette biosécurité fidjienne !

On sort dans le hall de l’aéroport et on se dirige vers le bureau d’informations pour demander comment se rendre au centre de Nadi. Heureusement qu’on a demandé, car une nana est là pour réceptionner tous les voyageurs de notre hôtel, mais elle était cachée derrière l’escalier ! On ne le savait pas, mais la navette est incluse dans le prix de l’auberge. Parfait !

On a atterri peu avant le coucher du soleil, et malgré la rapidité inefficace du contrôle de biosécurité, il fait nuit noire lorsqu’on sort attendre la navette avec notre guide et les autres passagers. Une petite demi-heure plus tard (faudrait pas se presser), le minibus arrive, et le chauffeur n’a pas l’air de s’inquiéter de la taille du coffre en voyant le nombre de bagages à y faire rentrer. On est quand même une quinzaine ! No worries, en tassant bien, y’a moyen. Effectivement y’avait moyen, il tasse bien et tout rentre. Dingue.

La navette nous amène à notre auberge “Tropics of Capricorn”, les pieds dans le sable… On y est super bien accueillis avec une bonne dizaine de “Bula” ! On s’installe dans notre dortoir, puis on passe à l’hôtel voisin qui possède un bancomat, pour retirer des dollars fidjiens.

On se pose sur la terrasse du petit resto de l’auberge pour le souper… Poisson pour Chris, poisson pour moi. On ne va manger que ça pendant 10 jours ! 🙂 Les Fidjiens installés à l’autre table de la terrasse jouent de la guitare et on paresse un peu… Et comme on se fait bouffer par les moustiques en restant à table, on va faire un tour sur la plage. On n’en revient toujours pas d’être là, perdus dans le Pacifique !

On collecte quelques informations à la réception, puis on discute avec nos compagnons de dortoir, deux Suédoises et un Algérien. Tous nous disent la même chose : il faut aller sur les îles au large et ne pas rester à Nadi, où il n’y a rien à faire… Le temps qu’on prenne une décision pour l’organisation des quelques prochains jours, il est trop tard pour réserver le bateau du lendemain matin. Le type de la réception nous dit de venir quand même ici à 6h demain matin, et qu’il y aura une place pour nous sans problème ! Ça marche, on mettra le réveil. 🙂

On s’endort rapidement malgré les moustiques et la chaleur… Cela nous fait vraiment bizarre d’être dans un dortoir, après 1 mois dans notre campervan néo-zélandais !

Jour 139: mercredi 20 mars 2019

Le réveil sonne, il fait beau, le soleil brille et nous sommes aux Fidjis ! Un peu la tête dans le c** quand même, 5h30 c’est tôt 🙂

On ramasse nos affaires dans le noir, car nos compagnons de dortoir dorment encore, et on se pointe à la réception à l’heure voulue. Sauf qu’il y a eu un malentendu avec le type qui nous a renseigné hier soir : il n’avait pas compris que nous n’avions aucune réservation pour le transfert en bateau vers les îles ! Il appelle sa collègue et je lui explique la situation au téléphone. Dix minutes plus tard, la voilà arrivée à la réception : elle passe quelques coups de fils et tout est arrangé, il y a de la place pour nous dans le bateau. Cool, quelle efficacité !

Pas le temps de prendre de petit-déjeuner du coup, on se contentera d’un paquet de crackers acheté en attendant le bateau. Un monsieur vient nous chercher et nous amène en taxi à Lautoka, une ville portuaire à 30 minutes au nord de Nadi, d’où part notre ferry pour l’île de Tavewa, au nord de l’archipel des Yasawa. On observe le personnel charger les provisions et les sacs sur le ferry en se marrant : ils sont au moins 12 pour charger 3 cartons et demi, et ils prennent leur temps, discutent et se donnent des grandes accolades. Pépère ! 🙂

Vers 8h, le ferry démarre ; nous avons 4 heures de traversée (vitesse d’escargot) pour rejoindre l’île de Tavewa. Heureusement, le ponton est couvert, car le soleil crame un maximum ! On mange des crackers en admirant le paysage et la couleur de l’eau, puis on fait la sieste, bercés par le roulis des petites vagues…

Un peu avant midi, on nous informe que nous sommes arrivés. Le ferry reste arrêté au milieu de la baie, et un petit bateau à moteur de notre hostel vient nous chercher. A son bord, Bill, le capitaine, et Baby Josh, le responsable des activités du Coralview Resort, notre « auberge » pour ces prochains jours. On est accueillis comme des rois : dix personnes sont là sur la plage (tout le personnel), s’exclament « Bula ! » au moment où on débarque, et nous servent un jus de fruit de bienvenue. Même pas besoin de s’occuper des sacs, Bill et Baby Josh se chargent de nous les amener directement à la réception. Eh ben, ça va nous changer de notre standard de backpacker ! 😉

Nous sommes les seuls à être arrivés aujourd’hui, et le resort ne compte que 5 autres clients. C’est la fin de la basse saison, et il y a plus de personnel que d’invités ! 😉 On s’installe dans notre dortoir au milieu des cocotiers. Il y a certes 10 lits, mais la pièce est vide ; on sera les deux seuls occupants pour cette nuit… Ça valait la peine de faire des économies pour dormir en dortoir, on se retrouve avec une grande chambre privée ! 🙂

Retour sur la terrasse pour le dîner. Comme partout sur les îles, les resorts accueillent leurs hôtes en pension complète, car il n’y a absolument nulle part où aller acheter de la nourriture. On sera donc servis comme au resto pendant les 10 prochains jours !

 

Le ventre bien rempli, on se pose un moment dans les canapés pour avancer l’écriture d’un ou deux articles de blog, puis on décide de partir explorer les environs. Le resort de Coralview n’a pas d’accès direct à la plage, car il fait face à une barrière de corail qui arrive jusqu’au rivage, et sur laquelle il faut éviter de poset les pieds. Par contre, on peut atteindre une belle plage de sable fin en marchant une petite demi-heure sous les cocotiers en bordure de l’océan. On nous demande de ne pas y aller trop tard, car après la marée remonte et le chemin de retour est bloqué par l’eau !

En maillot de bain et tongs à la main, on trouve sans problème la plage. Vu la chaleur intense et l’humidité de l’air, on se précipite dans l’eau… qui est aussi chaude que dans une baignoire. Impressionnant ! On barbote un bon moment dans une eau translucide, sous les cocotiers avec vue sur une magnifique plage de sable blanc, en réalisant finalement que nous avons vraiment atterri au paradis… 🙂

Malgré nos précautions, la marée est montée plus vite qu’on le pensait et on marche avec de l’eau et des algues jusqu’aux genoux (mi-cuisse pour moi) pour atteindre Coralview ! On est de retour vers 16h ; on se douche et on s’installe sur la terrasse pour se reposer de cet après-midi de dur labeur… Chris a à peine allumé l’ordi pour écrire un article de blog que Baby Josh s’approche de nous en disant : « Oulalaaah, mais vous êtes hyper occupés !! » Aaah les Fidjiens et leur « chill-attitude », on adore déjà 🙂 Certes, quand le resort est plein en haute saison, ils doivent être bien occupés, mais là ils passent la soirée à observer la plage et jouer aux cartes !

Le soleil se couche tôt, et on soupe sur la terrasse en profitant de la température devenue “enfin” agréable…

Jour 140: jeudi 21 mars 2019

Réveil à 7h, on a une dure journée qui nous attend ! Ahaha tu parles. La question la plus compliquée sera probablement : est-ce que je vais me baigner maintenant ou dans 10 minutes ? 😉

La raison du réveil si tôt, en bons gourmands que nous sommes, c’est la présence d’un énorme buffet de petit-déjeuner sur la terrasse ombragée de l’auberge… Pancakes, toasts, ananas, pain fidjien, papaye,… La grande classe ! Chris se sert une 3ème assiette, tandis que j’abandonne après la 2ème.

Il ne fait pas super beau aujourd’hui ! Normal, on est en saison des pluies, donc au niveau météo, c’est un peu la loterie. Hier grand beau, cette nuit des trombes d’eau (je vous explique pas l’humidité au réveil !!), et aujourd’hui nuageux avec quelques gouttes… Pas grave, la température, elle, ne varie pas beaucoup et il fait toujours super chaud. 🙂

Moment lecture, geek-time pour avancer le blog… puis Baby Josh propose THE activité de la matinée : apprendre à tisser des feuilles de cocotier pour en faire des paniers et des serre-têtes. Les cheveux des locaux ont tendance à devenir “bushy” (“buissoneux”) quand le temps est humide… Baby Josh nous explique que dans la culture fidjienne, on apprend également aux garçons toutes les tâches ménagères pour qu’ils puissent se débrouiller jusqu’à leur mariage. Après par contre, ils ont tendance à “oublier” ce savoir-faire…

On s’applique à tisser les feuilles, puis à les tresser pour faire tenir les bords du panier. Pour les filles aux cheveux longs, c’est assez simple ! Chris galère un peu plus, n’ayant pas l’habitude de se faire des tresses plaquées. 😉

Le résultat est étonnant : un beau panier sans colle, sans ficelle, sans scotch ! “Wouaaaah, ingénieuuuuux” s’exclame la dame assise à côté de moi, avant de recommencer à jouer à candy crush sur son téléphone. Ben bravo…

On prend ensuite le dîner, et cet après-midi, on part faire du snorkelling au lagon bleu. Bill nous y amène en bateau avec Flo, Sarah et Alice, les 3 Anglaises rencontrées hier, ainsi que Baby Josh. Si proche de la côte, le corail est malheureusement mort en grande partie, mais il y a des centaines de poissons de toutes les couleurs, c’est trop cool !!! On voit même 2 Némos 🙂

Après un moment à respirer et flotter à la surface, on enlève masque, tuba et palmes et on barbote dans l’eau au bord de la plage pour discuter… Vers 16h, Bill nous ramène en bateau à Coralview, où l’on passe le reste de l’apres-midi à “chillaxer” (expression fidjienne provenant de la contraction des mots “chilling” et “relaxing”, autrement dit le summum de la farniente)... Les nuages se retirent partiellement et on a droit à de magnifiques couleurs pour le coucher de soleil, waouh !!!

Après le souper, le staff nous réserve une surprise : spectacle de danses traditionnelles (assez improvisé vu leur allure). Ils nous invitent ensuite sur la piste de danse pour faire une sorte de jeu d’imitation en dansant. On passe une très chouette soirée ! Il nous faudrait presque une deuxième douche après ces danses ; on transpire rien que de lever le bras… 😉

Jour 141: vendredi 22 mars 2019

Réveil à 5h30 ! On est au taquet pour aller observer le lever du soleil… On s’habille dans le noir afin de ne pas réveiller nos compagnons de dortoir, deux nanas arrivées hier dans l’après-midi, puis on marche 10 minutes jusqu’au sommet de la première tour de l’île, derrière l’auberge. Il a à nouveau plu très fort cette nuit, et la chaleur est étouffante, surtout sous le couvert des palmiers et des arbres. Cela semble aussi faire redoubler de vigueur des moustiques déjà féroces ; on se fait dévorer !!

Tout déçus !

Flo, Sarah et Alice arrivent au sommet 5 minutes après nous, également détrempées de sueur. On attend le lever du soleil, mais à 6h20, il faut se rendre à l’évidence : il s’est levé derrière les nuages ce matin…

On est tout déçus, mais le buffet de petit-déjeuner nous fait oublier notre déception ! Le staff est fan de Chris qui, selon eux, “mange comme un Fidjien”, c’est-à-dire que ses assiettes sont tellement remplies qu’on ne les voit plus.

On soigne ensuite nos piqûres de moustiques à coup de baume du tigre pour soulager les démangeaisons… Baby Josh s’installe à côté de nous et décrète que les moustiques adorent piquer Chris à cause de sa peau couleur vanille. Vanille ! C’est bien la première fois qu’on dit de Chris qu’il a une peau claire. Si Chris est vanille, moi je suis quoi ? Probablement stracciatella, à cause des grains de beauté. 😉

Comme le temps s’est amélioré, on décide d’aller faire du kayak. Ils sont à disposition des touristes qui logent à Coralview !  Nous voilà sur l’eau en train de ramer… On s’attarde un moment sur le récif juste devant l’auberge, puis on s’éloigne direction la plage qu’on avait rejoint à pied le premier jour. On tire nos kayaks sur le sable et on barbote un peu dans l’eau chaude…

Vers 11h30, on se remet à l’eau pour le chemin du retour ! Et heureusement qu’on est partis assez tôt, car le trajet s’avère plus compliqué que l’aller : il faut d’abord lutter contre le courant (vive les abdos), puis… se débattre avec la marée basse. On n’a pas réalisé avec quelle rapidité elle baissait, et nous voilà coincés dans les 20-30 centimètres d’eau qui recouvrent la majorité du récif ! Zut. On pousse avec la pagaie, pour finir par sortir du kayak pour le pousser à la main. “Heureusement”, la grande majorité du corail est déjà mort, ce qui nous évite de faire un carnage en poussant et marchant dessus…

J’ai une dizaine de minutes d’avance sur Chris, et c’est probablement ce qui me fait arriver à bon port sans trop dévier de ma route, à grand coups de “frrrrrrrr” lorsque le fond du kayak racle le rocher. Oups. Chris, par contre, ainsi que les 2 autres filles qui ont quitté la plage juste après nous, doivent se rendre à l’évidence : coincés sur le récif. Baby Josh et le capitaine Bill prennent le petit bateau pour aller les décoincer et les amener au delà du récif, d’où ils peuvent le contourner afin d’atteindre le rivage devant l’auberge. Tout est bien qui finit bien ; on aura mis à contribution la force de nos bras ! 🙂

La scène de crime, après le crime. 😉

On se rince et on se sèche à moitié, puis on ferme nos sacs. Vers 13h, Bill nous amène en bateau vers le ferry qui attend ses passagers au large de l’île, comme un train qui s’arrête en gare. Adios Coralview, nous voilà en route pour une autre île, direction le sud de l’archipel des Yasawa ! 🙂

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